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Les styles musicaux ne sont pas vraiment importants pour ce producteur de musique canadien qui préfère travailler sur des œuvres à la forte identité et qui font preuve d'originalité. Il a ainsi collaboré dans des studios de par le monde avec des artistes différents tels que Peter Gabriel, King Crimson, Muse, Kid Rock, Stone Sour, et bien sûr Tool pour Ænima, Salival et Lateralus.

Salival : Pour commencer, pouvez-vous nous en dire plus sur vos débuts ?
David Bottrill : J'ai commencé en 1983 aux studios Grant Avenue d'Hamilton, au Canada, qui appartenaient à Bob et Daniel Lanois. Nous avions des amis communs, et c'est ainsi que j'ai obtenu un entretien. Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que je serais stagiaire jusqu'à ce qu'un poste se libère, ce qui arrivé au bout de 6 mois. Quand Dan est parti en Angleterre travailler avec Peter Gabriel, il m'a emmené avec lui pour l'assister sur des sessions d'enregistrement. Une fois l'album terminé, je suis resté travailler avec Peter pendant les neuf années suivantes.

Et un jour, les gars de Tool vous ont envoyé quelques-uns de leurs titres. Comme vous n'étiez alors pas familier avec ce genre de musique, qu'est-ce qui vous a néanmoins décidé à les rencontrer ?
J'ai tout d'abord pensé qu'ils m'avaient confondu avec quelqu'un d'autre, mais lorsque j'ai écouté leur musique je me suis dit que c'était un bon groupe. Certaines choses que j'avais faites avant faisaient partie de ce qu'ils aimaient vraiment écouter, et ils se sont dit que cela ferait une bonne combinaison pour travailler ensemble comme ils cherchaient à obtenir quelque chose de différent comparé à n'importe quel album de métal fait par un groupe de Los Angeles.

Quelles ont été vos impressions à votre première rencontre avec eux ?
Ils m'ont emmené assisté à l'une de leurs répétitions. J'ai adoré que j'ai entendu, de nouvelles compositions destinées à ce qui allait devenir Ænima, ainsi que leur très grande rigueur.

Est-ce que ça a collé entre vous dès le début ?
Nous nous sommes tout de suite bien entendus, et il y a eu très peu de désaccords pendant tout le temps où nous avons travaillé ensemble. C'était une super expérience. Comme dans toute relation, il faut que la confiance et la communication se mettent en place ; cela s'est fait assez rapidement, et nous avons commencé l'enregistrement peu de temps après.

   


Ils ont la réputation de tout travailler avant d'aller en studio, et vous avez dit à plusieurs reprises que ce sont de grands musiciens.
Je sais qu'ils ont répété et composé bien avant d'entrer en studio, et la plupart des titres étaient terminés une fois arrivé le moment de les enregistrer. Quel que soit celui qui devait faire ses parties, il était préparé et rapidement prêt pour les jouer. Ce n'est pas le cas de beaucoup de groupes.

L'enregistrement de la batterie a dû être difficile, car j'ai lu que Danny Carey choisissait avec précaution les différents éléments qu'il utilisait pour chaque chanson, les disposait selon certains préceptes mathématiques , etc.
Je ne sais pas ce que vous avez lu, mais même s'il avait peut-être tout ça en tête, nous avons enregistré la batterie et les parties électroniques de façon traditionnelle.

Et comment se sont passés les débuts de Justin Chancellor dans le groupe ?
Justin était fan du groupe avant d'en faire partie, et c'était déjà un musicien talentueux et créatif ; il a ainsi très rapidement contribué aux compositions.

Les paroles de Maynard James Keenan sont aussi profonds que la musique de Tool est puissante. En avez-vous discuté avec lui ?
Maynard m'a parlé de ses concepts et de ses textes, et ensemble nous avons enregistré les parties de chant de façon à concrétiser sa vision.

Cinq années se sont écoulées après lesquelles vous avez à nouveau rejoint Tool cette fois pour Lateralus. Avez-vous rapidement pris conscience de ce qu'ils étaient en train de faire avec cet opus ?
Oui ; quand j'ai entendu leurs compositions pour la première fois, j'ai su qu'ils créaient quelque chose de spécial, autre chose que simplement un album de chansons.

Avant Lateralus, vous avez aussi failli produire le premier album d'A Perfect Circle, mais cela n'a pas pu se faire. Est-ce que vous vous rappelez de Billy Howerdel qui travaillait dessus pendant la production d'Ænima ?
Oui, c'est un musicien très créatif. Il travaillait sur plusieurs projets à la fois à l'époque, et l'un d'entre eux est finalement devenu A Perfect Circle.

   


Le budget n'était plus le même pour Lateralus, avec davantage de temps disponible en studio. Qu'est-ce que cela a changé par rapport à l'album précédent ?
Nous avons en gros travaillé de la même façon. L'argent n'a pas changé grand-chose.

Et quel effet ont eu tous les problèmes auxquels ils ont alors dû faire face ?
Le groupe a subi beaucoup de pression à cause tout ça, mais là où beaucoup auraient laissé tomber, Tool est semble-t-il ressorti plus fort de ces moments difficiles.

Est-ce que vous vous souvenez de suggestions que vous avez faites, qu'elles aient été accepté ou non ?
Sur Lateralus, j'ai davantage contribuer à structurer certaines des compositions. Je me rappelle avoir insisté pour laisser tomber une partie de la chanson "Lateralus" que Danny appréciait beaucoup. Je pense qu'il est toujours un peu désolé qu'elle n'ait pas été conservée.

Lateralus est un album très complexe. Est-ce que cela a parfois été bloquant ?
En fait, Lateralus a été par certains aspects plus facile à enregistrer qu'Ænima. Les lignes de communication étaient déjà ouvertes entre moi et le groupe, et tout s'est bien déroulé de façon générale.

Et est-ce que toutes les références et les visuels qui entourent Tool sont quelque chose qui vous parle ?
En général, oui. Adam travaille très dur sur la représentation visuelle de Tool.

Ænima et Lateralus sont considérés comme les meilleurs albums de Tool et sont au panthéon de la musique métal ; vous attendiez-vous à cela, et quel regard leur portez-vous avec le recul ?
Je ne m'y attendais pas du tout, mais ce sont deux des projets auxquels j'ai participé dont je suis le plus fier.