Salival.fr

Section A PERFECT CIRCLE
Section TOOL
Section PUSCIFER

                             
                 



Tu as été ou es ingénieur du son, mixeur, producteur... comment as-tu commencé ?
Je suis arrivé en Californie et j'ai commencé à travailler dans différents studios, ce qui m'a permis de gravir les échelons... d'abord en tant qu'assistant, puis comme ingénieur du son, etc. C'est en quelque sorte la façon de faire classique dans ce métier.

Y a-t-il eu des moments précis dans ta carrière que tu considères comme des "étapes charnières" ?
Oui ; quand j'ai arrêté de faire l'ingénieur du son pour les autres, et que je me suis concentré sur les productions et le mixage.

Comment en es-tu arrivé à travailler sur 10,000 Days ? A quoi t'attendais-tu avant de commencer ?
J'ai été recommandé par Buzz [Osborne] des Melvins, et j'ai rencontré le groupe pour voir ce qu'ils voulaient faire de façon différente... Je n'avais pas d'attente particulière, c'était juste pour moi une rencontre de plus, et je pensais qu'ils verraient pleins de gens, mais il faut croire que je convenais. J'appréciais leur musique, mais je ne pensais pas qu'ils voudraient travailler avec moi du fait que leur style est si différent. Je suis content qu'ils m'aient choisi, car ce sont des mecs bien et j'ai aimé travailler avec eux.

Les musiciens de Tool sont réputés pour leur goût de l'expérimentation, tout comme toi. Qu'as-tu proposé en particulier, et quel a été leur accueil ?
Des choses comme la façon de capturer les sons qu'ils recherchaient, ou de rendre l'ensemble du processus d'enregistrement plus facile... J'ai apporté pleins de matos, et je les ai encouragés à essayer des choses différentes, ce à quoi ils ont été réceptifs.

Et qu'en est-il de leur perfectionnisme ? Est-ce que cela a parfois causé des problèmes ?
Il faut comprendre que ce n'est pas mon album mais celui de l'artiste, donc si cela prend plus de temps, si quelqu'un souhaite s'attarder sur un passage, qu'il en soit ainsi... Il vaut mieux être perfectionniste que de n'en avoir rien à faire ou de ne pas avoir le désir de s'améliorer.

       

On dit de toi que tu es davantage branché guitares, et pour cette raison Danny Carey était d'ailleurs un peu inquiet au début (il a ensuite affirmé qu'il avait obtenu son meilleur son avec toi). Comment as-tu procédé avec toutes les percussions acoustiques et électroniques qu'il utilise ?
C'était un défi à relever, mais vu l'endroit, le matériel et les techniciens dont nous disposions... avec en plus un super batteur, ça m'a facilité la vie. Avec ce qu'il fait de sa batterie, ce n'était pas difficile de capturer sa puissance et son intensité.

Quelle est la différence entre cet album et ceux que Tool a faits auparavant ? Que penses-tu de ce qu'ont accompli Sylvia Massy - il me semble d'ailleurs que tu as travaillé avec elle - et David Bottrill avant toi ?
Ce qu'ils ont tous les deux fait avec le groupe est excellent ; pour ma part, je voulais obtenir un deuxième "Stinkfist", et utiliser le côté sale d'Undertow... une sorte d'hybride des anciens albums... c'est pour cela que nous nous sommes rendus aux studios Grandmaster (où les premiers albums ont été enregistrés)... pour faire ressurgir les souvenirs.

Tu souhaitais un "Undertow sous stéroïdes", mais Tool a présenté 10,000 Days comme son "album de blues". A présent, avec le recul, comment décrirais-tu le résultat ?
Je pense que cette allusion au blues provient de la chanson "The Pot". Mon opinion au sujet de l'album est qu'il s'agit de leur œuvre la plus accomplie. Tous les morceaux semblaient ne faire qu'un, et ils avaient été si bien préparés que la seule vraie difficulté était de faire en sorte que l'enregistrement en envoie autant qu'ils le font en concert. Et je pense que nous y sommes arrivés. De plus, c'était un album personnel, et c'était super d'aider chacun à obtenir ce qu'il souhaitait comme passages, comme interprétation, comme sons, etc.

Des photos de Buzz Osborne, Josh Homme, Aaron Harris, etc., avec Tool et toi avaient été postées sur Internet ; peut-on voir là une sorte de famille artistique éloignée de l'industrie musicale ?
Los Angeles est une petite ville dès qu'il est question de musique, et cela fait du bien de voir des personnes se soutenir les uns les autres.

Tu as travaillé avec de nombreux grands groupes, comme les Melvins, Kyuss puis les Queens of the Stone Age, Isis, etc. Quels sont les projets que tu as préférés ? Et au contraire, éprouves-tu certains regrets ?
J'essaye toujours de travailler sur des albums de personnes et de groupes que j'apprécie, donc je n'en garde que de très bons souvenirs. Je n'ai que quelques regrets, mais je ne citerai pas de noms...

As-tu des exemples de bons et de mauvais moments qui t'ont néanmoins particulièrement marqué plus que d'autres ?
Il y a pleins de souvenirs pour chaque album... Quand tu passes 12 heures avec quelqu'un dans la même pièce pendant des semaines, il y a une routine et une amitié qui s'installent, et quand l'album est terminé et que tout le monde s'en va, tu tombes alors dans une sorte de dépression. Il y a bien trop d'exemples de bons moments que j'ai passés... et vraiment très peu de mauvais.

Pour finir, peux-tu nous parler de tes "Evil Drums" ?
"Evil Drums" est un rassemblement de samples pour des programmes utilisés pour la batterie électronique comme BFD ou Superior Drummer. J'ai enregistré ça dans deux de mes studios préférés, et cela a été mis à la disposition de ceux qui possèdent ce genre de logiciels sous forme d'extension. Ils peuvent ainsi utiliser les sons que j'ai enregistrés, et les programmer pour que cela sonne comme un vrai jeu de batterie.